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Voix

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Tambura

La Tambura

La (ou le) Tambura, également orthographié Tampura, est un instrument commun à la musique Karnatique de l’Inde du Sud comme à la musique Hindustani de l’Inde du nord. Son rôle est de fournir un bourdon harmonique en faisant résonner et entendre de manière continue et constante les notes Adhara Shadja, son octave supérieure et Panchama (la cinquième note ou quinte juste de la fondamentale Adhara Shadja). La Tambura karnatique a en général quatre cordes accordées de la manière suivante :

• Adhara Shadja : la note fondamentale - corde de gauche (instrument de face);

• Panchama : quinte supérieure d’Adhara Shadja - corde de droite (instrument de face);

• Shadja : octave supérieure d’Adhara Shadja - corde à gauche de Panchama (instrument de face);

• Shadja : octave supérieure d’Adhara Shadja - corde à droite d’Adhara Shadja - (instrument de face).

Les deux cordes à l’octave supérieure d’Adhara Shadja sont donc voisines et placées entre les cordes Adhara Shadja et Panchama. Pour jouer l’instrument et le faire résonner de manière continue, on joue en général les cordes dans l’ordre suivant :

Adhara Shadja > Panchama > Shadja (octave supérieure) > Shadja (octave supérieure)> Adhara Shadja > etc...

Après la note initiale (Adhara Shadja) jouée sur la corde la plus grave (à gauche - instrument de face), le joueur ou la joueuse de Tamburā fait glisser les doigts majeur et (ou) index de la droite vers la gauche. De cette façon il reprend le cycle au début sur la corde Adhara Shadja enchaînant ensuite toujours avec la corde Panchama et répétant ce cycle de notes de manière constante et régulière. La Tambura ainsi jouée produit alors une résonance continue et homogène et rempli son rôle qui est de fournir le bourdon harmonique, fondement du système modal karnatique ou hindustani.

La personne qui joue la Tamburā est souvent, mais pas obligatoirement, l’élève ou disciple du soliste. Jouer la Tamburā semble être un rôle ingrat ! En réalité il n’en est rien : en tenant ce rôle, l’élève développe une grande capacité d’attention, de contrôle de soi et de concentration. Il s’habitue aussi à être sur scène, face au public et a ainsi l’opportunité d’observer et apprendre tout ce qui concerne le concert. Cette expérience lui sera d’une grande utilité lorsqu’il ou elle voudra à son tour commencer une carrière de soliste. Jouer la Tamburā donne aussi parfois l'opportunité d’accompagner de grands musiciens et ainsi de vivre des expériences musicales et humaines riches et inoubliables.

La Tamburā karnatique est fabriquée avec le bois du Jacquier tout comme la Vī
ā de l’Inde du Sud. Sa table d’harmonie est courbée et son manche est creux. Si la table d’harmonie est en Jacquier, la plaque de bois recouvrant le manche est souvent faite d’un bois différent tel le palissandre des Indes. Ce manche ne comporte pas de frettes : en effet la Tamburā ne produisant aucun jeux mélodique, ses cordes sont uniquement jouées dans leur pleine longueur, à vide.

Une autre caractéristique essentielle de la Tamburā est que son chevalet posé sur la table d’harmonie et supportant les cordes, offre une surface de forme courbe et bombée (cf photos). Entre les cordes passant sur ce chevalet et celui-ci, on insère un fil de soie ou de coton en un point précis déterminé par la pratique. Cette technique créé en somme un second chevalet surélevant à peine les cordes et déclenchant une résonance harmonique particulière, chaque corde voyant ainsi son son enrichi d’un cortège ou halo d’harmoniques. C’est ce procédé qui donne le son si particulier et recherché à la Tambura. Ce procédé donne réellement vie au et c’est pour cela que ce fil de coton ou de soie est nommé Jīva, terme qui en Sanskrit signifie justement, vie.

La Tambura existe en différentes tailles de manière à pouvoir accompagner des voix ou instrument de registres variés. A l’heure actuelle beaucoup de musiciens utilisent aussi une nouvelle sorte de Tambura électronique. Si la qualité sonore de ces nouveaux instruments était exécrable pour les premiers modèles, il faut reconnaître que ceux utilisant les nouvelles techniques de l’industrie sont plus satisfaisants. Cependant, beaucoup de musiciens restent heureusement fidèles à la Tambura acoustique authentique et c’est tant mieux car sa sonorité est incomparablement plus satisfaisante, riche et subtile.

Une belle histoire


La musique Karnatique étant en grande partie de nature traditionnelle, il n’est pas surprenant que comme pour d’autres domaines des arts et traditions de l’Inde, on y trouve de nombreuses histoires qui illustrent ses divers aspects. Beaucoup de ces histoires ont été consignées par différents auteurs et je ne résiste pas au plaisir de vous conter l’une d’elles qui se rapporte à la Tambura :

« Il était une fois un modeste musicien habitant un petit village de l’Inde du Sud. Obtenir un engagement pour un concert comme joueur de Tamburā et être un peu rémunéré, était pour lui et sa famille une chose réellement importante. Or, ayant un jour obtenu à la ville voisine un contrat pour jouer la Tambura et ayant terminé son travail, ce musicien se mit en route à pieds pour regagner son village.

Lors de son voyage de retour alors que la nuit était tombée, il eu la malchance de rencontrer des brigands. Il se vit perdu craignant pour le peu qu’il avait gagné. Mais ces brigands là étaient d’un genre spécial. Ce n’est pas la maigre somme d’argent qu’avait gagné le musicien qui les intéressait, mais son instrument. Tout le monde savait en effet qu’un excellent instrument valait très cher. Lorsque ces voleurs se mirent à se faire menaçant et exiger que notre musicien leur donne sa Tambura, celui-ci eu une idée géniale qui le sauva !

Il trouva la manière de leur parler et leur expliqua et démontra que son instrument qui n’était fait que de vulgaire bois n’avait pas grande valeur. Non, ce qui avait de la valeur c’était le petit fil de soie doré, le Jīva ! Ce fil qu’on insère entre les cordes et le chevalet et qui donne toute sa splendeur au son de la Tambura. Il leur en fit immédiatement la démonstration en jouant successivement de son instrument en ayant mis en place le fil si précieux puis ensuite en le retirant. En voyant à quel point le son de la Tambura devint fade et sans intérêt une fois le Jīva retiré, les voleurs n’eurent plus qu’une envie : obtenir ce Jīva.

Ils le lui volèrent donc et notre musicien fut sauvé. Il regagna fièrement son village, sain et sauf avec son petit pécule et sa précieuse Tambura ! »


Tampura

Vîna

La Vîna est un instrument à cordes pincées. Elle est faite avec le bois du Jacquier, un arbre des régions tropicales. La Vîna est constituée de quatre parties : la caisse de résonance, le manche, la tête, le résonateur secondaire fixé sous le manche vers la tête. La touche comporte vingt quatre frettes fixées dans deux bandes faites d'un mélange de cire d'abeilles, de poudre de charbon de bois et de colophane. Les cordes faites de métal, sont au nombre de sept : quatre cordes mélodiques reposant sur un chevalet plat et passant au-dessus de la touche et des frettes, et trois cordes dites rythmiques qui sont fixées sur le côté du manche vers l'instrumentiste. Ces cordes rythmiques reposent sur un chevalet plat arrondi maintenu par la seule tension des cordes et sur de petits sillets cylindriques fixés dans le côté du manche. Les cordes sont accordées au moyen de chevilles. Les chevilles pour les cordes mélodiques sont fixées au niveau de la tête tandis que celles de cordes rythmiques sont fixées au côté du manche. Par ailleurs, un système à base de coulisseaux se situant au niveau des chevalets permet un accordage fin des cordes. La table d'harmonie est en général fermée mais peut parfois comporter une ou des ouvertures (ouïes).

La Vîna est traditionnellement considérée comme l'instrument par excellence de la musique karnatique et jouit à ce titre d'un immense prestige. C'est un instrument réputé difficile à apprendre et à maîtriser. Par le passé, la Vîna accompagnait le chant mais elle a été progressivement remplacée dans ce rôle par le violon importé d'Occident. Elle a progressivement acquit un statut d'instrument soliste. La personne jouant cet instrument est appelée Vainika. Pour en savoir plus, consultez la page consacrée à la Vina : ICI.


Sarasvathi Vîna






Vidwan Nageswara Rao (mon maître de Vîna)


Vaddanine - Patnam Subbramanya Iyyar



Vidwan Smt Padmavathy Ananda Gopalan




Violon

Le violon semble être apparu en Inde vers le XVII siècle et aurait été importé par les Portugais. Il y a cependant une représentation de cet instrument sous la forme d’un bas-relief du XII siècle dans le fameux temple de Chidambaram (Tamil Nadu). Ce bas-relief représente une femme debout jouant un violon avec une forme en huit, une volute au bout du manche, et des ouïes en forme de C. Cela pourrait accréditer la thèse de la naissance du violon en Inde du Sud mais cette thèse est controversée.

Les premiers violonistes de la musique carnatique à avoir laissé leurs noms dans l’histoire sont Bālaswami Dīkshitar (1786 - 1859), frère du célèbre compositeur carnatique Muttuswāmi Dīkshitar, Va
ivēlu (1810 - 1845), membre le plus célèbre du Quartett de Tanjavur. Les violonistes parmi les plus réputés de notre temps sont Lalgudi G. Jayaraman, Prof. T.N. Krishnan, V.V. Subramanyam, M.S. Gopalakrishnan, L. Subramanyam.

Le violon carnatique est utilisé comme instrument soliste ou pour accompagner le chant ou d’autres instruments. En tant qu’instrument soliste il occupe une place très importante sur la scène carnatique. Pour avoir une idée de sa tenue qui est différente de celle utilisée en Occident, reportez vous aux photos ci-dessous.

La violon carnatique est accordé par alternance de quintes et quartes. L’accord utilisé par les solistes est souvent Sol2 - Ré3 - Sol3 - Ré4, le sol étant alors choisi comme note fondamentale ou Adhara Shadja (du système carnatique). Lorsque le violon accompagne le chant ou d’autres instruments, l’accord est modifié et adapté, par exemple : Sol2 - Do3 - Sol3 - Do4.

La technique de jeu est aujourd’hui similaire à celle de l’Occident excepté pour la tenue de l’instrument. La tenue de l’archet est assez similaire à celle utilisée par nos violonistes. La technique moderne de la main gauche utilise les quatre doigts mais rajoute des techniques de glissés et d’ornementations propres à la musique carnatique.

Le jeu du violon carnatique exige de très grandes qualités : outre la difficulté propre au violon, le violoniste doit entre autre pouvoir reproduire instantanément les phrases parfois complexes du soliste qu’il accompagne. Il doit aussi avoir une parfaite connaissance du répertoire afin de pouvoir doubler n’importe quelle pièce au pied levé ce qui n’est pas une mince affaire lorsqu’on connaît l’étendue et la complexité du répertoire carnatique. La maîtrise dont font preuve ces musiciens est souvent réellement impressionnante.


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Vidwan Balu Raghuraman


Vidwan Lalgudi Jayaraman


Vidwan Chandrasekaran

Flûte

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Nadasvaram

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Mridangam

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Kanjira

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Gatham

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Morsing

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Tavil

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